Freaks factory
Discussion de notre temps avec mon rédac chef :
M’sieur Julien : Tu as entendu parler de cette nouvelle émission de TV réalité aux Etats-Unis ?
Rédac Chef : Laquelle ?
MJ : Extreme Make Over. De la trash TV basée sur la chirurgie esthétique. Tu contactes la production, tu lui passes ta commande et des chirurgiens s’occupent de te faire un nouveau sourire, des nouvelles paupières, une nouvelles poitrine, un ventre liposucé… C’est gratos, en échange, tu acceptes d’être filmé non-stop pendant les deux mois de ton parcours esthétique. L’émission a même ses stars, forcément heureuses, son forum sans message. Mais elle ne fait pas l'unanimité. (Des blogs parlent de Extreme Makeover)
RC : T’inquiètes pas, tu verras la même chose en septembre à la télé française…
MJ : Quoi ?!? (mélange de stupeur et d'incrédulité)
RC : Oui, c’est un projet "secret" sur lequel travaille M6.
Je ne peux donc pas en dire plus pour l’instant, même sur ce blog.
RC (face à ma mine interloquée) : La télé française sera de plus en plus trash, comme la télé américaine. (En plaisantant) : C’est bon, ça !
MJ (sceptique): Mouais, bon pour qui ?
RC : Bon pour le téléspectateur
MJ : T’es sûr ? C’est plutôt bon pour les finances des chaînes et les boîtes de prod. Bon pour l’audience.
RC : Et l’audience, qui est-ce qui la fait ? Le téléspectateur ! S’il regarde, c’est qu’il le veut
MJ : Mais est-ce que ce que lui sert la télé est forcément bon pour lui ?
RC : Eternel débat. (En riant) : Tu vas finir sur Arte ! Je sais de quoi je parle, j’y ai débuté. Mais au bout d’un moment, tu te demandes ce qui est mieux : faire un sujet qui sera vu par 0,8 % de téléspectateurs, ou faire le même sujet, un poil survendeur, pour lequel tu fais un ou deux petits compromis avec ta déontologie, et qui sera vu par 20 % de téléspectateurs ? Le but d’un journaliste, c’est bien que son sujet soit lu, vu, entendu par le plus grand nombre, non ? Pour le moment, cette télé te fait peur, mais tu y viendras.
MJ : C’est sûr qu’elle me rebute. Je ne veux pas m’y plier.
RC : Mais regarde, même dans la presse dite sérieuse, les titres de Une sont survendeurs, accrocheurs. On vend de l’info. Tout producteur ou patron de presse doit au moins rentrer dans ses frais de fonctionnement. Et pour ça, il faut être un minimum vendeur. Tiens, historiquement, le premier journal était un journal de ragots. Ca s’appelait La Gazette, je crois. France Dimanche, Voici, c’est des merdes, mais ils cartonnent. Télé 7 Jour est bien plus lu que Télérama. Les medias sont ainsi, tout le monde fait pareil. C'est comme ça.
MJ : Es-ce pour autant que l’on doit se résigner ?
par Leo Todd | le 2003-06-03 16:58:13 | PERMALIEN
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