Publié le jeudi 19 juin 2003
Mais que fait la justice ?
Non-lieu, relaxe, suspension… La justice patine, pédale (dans son code pénal) et au final dérape. Sans toujours contrôler.
Pour la première fois, les magistrats viennent d’interdire l’un des leurs d’être publié en librairie. Eva Joly, ex-juge d’instruction de l’affaire Elf, devait publier ce matin « Est-ce dans ce monde que nous voulons vivre ? ». Motif : le bouquin nuirait à la présomption d’innocence et à la bonne marche du procès Elf. Dans son essai, elle « évoque les menaces de mort qui lui auraient été adressées lors de son enquête sur Elf, ainsi que des manoeuvres d'intimidation. Elle met implicitement en cause les anciens dirigeants de la société, actuellement jugés à Paris, ainsi que les moeurs du "monde du pétrole". Elle accuse aussi sa hiérarchie de ne pas l'avoir suffisamment défendue, notamment Jean-Claude Magendie (président du tribunal qui vient de censurer son bouquin), qui n'aurait jamais répondu à ses rapports sur les menaces. Elle reproche en outre à l'actuel procureur de Paris, Yves Bot, de n'avoir donné aucune suite à certaines découvertes, lorsqu'il était en poste au parquet de Nanterre. », rapporte Le Monde.
Non-lieu pour l’affaire du sang contaminé. En 1991, on avait eu la fameuse formule de Georgina Dufoix : « Responsable, mais pas coupable ». Aujourd’hui, pour la Cour de cassation, la plus haute instance française, cette affaire n’a jamais existé. « Non-lieu pour ceux qui étaient poursuivis pour empoisonnement et complicité, non-lieu pour ceux qui étaient poursuivis pour homicides ou blessures involontaires, non-lieu pour ceux qui se voyaient reprocher une non-assistance à personne en danger... (…)Au lieu de casser et d'exiger davantage de motivation et de rigueur, la cour a choisi le confort. Pour éviter les assises aux acteurs de l'affaire du sang, elle a validé hier cet arrêt qui prononçait un non-lieu général. L'affaire du sang contaminé est finie. », écrit Libé. Edmond-Luc Henry, président de l’association française des hémophiles, parle d’un « déni de justice ». « Craindrait-on un examen public de l'ensemble du dossier à l'audience ? » Jean-Claude Trichet n’a pas triché. Pour la justice, il n’a pas trempé dans les faux bilans du Crédit Lyonnais. Relax, il est relaxé. Présent et soutenu, il va se présenter. A la présidence de la banque centrale européenne. Ca aurait tout de même été balot que la présidence ne revienne pas à la France (comme il se doit selon un accord européen) à cause d’une petite condamnation. Bilan : la séparation des pouvoirs selon Montesquieu en prend un sacré coup. Ce n’est pas nouveau. Juste une confirmation de tendance.
par Leo Todd | le 2003-06-19 04:08:13 | PERMALIEN
| Société
1 Commentaire :
Commentaire écrit le mardi 19 octobre 2004 à 12:14:36 (lien) kevin salut miss
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